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Combien coûte une journée d'informatique à l'arrêt ?
C'est le chiffre le plus utile de votre budget informatique, et presque personne ne le calcule : combien coûte une journée pendant laquelle plus rien ne fonctionne ? Serveur en panne, ransomware, fibre coupée, la cause importe peu. Ce chiffre change la façon dont vous arbitrez chaque dépense de prévention. Voici comment l'obtenir en une demi-heure, avec un exemple.
La méthode : quatre postes de coût
1. Les salaires payés à ne pas produire
C'est le poste le plus simple et le plus sous-estimé. Prenez votre masse salariale annuelle chargée, divisez par 220 jours ouvrés : c'est le coût d'une journée de travail de l'entreprise. Pondérez ensuite par la part de l'activité réellement paralysée sans informatique. Dans la plupart des PME de services, cette part dépasse 80 % ; dans un atelier, elle peut être plus faible, mais l'administratif, les devis et la facturation s'arrêtent quand même.
2. Le chiffre d'affaires perdu ou décalé
Distinguez deux effets. Le CA simplement décalé (les commandes passeront demain) coûte de la trésorerie et du stress, mais se rattrape. Le CA perdu sec ne se rattrape pas : le client qui ne pouvait pas attendre, le devis parti trop tard, le panier abandonné si vous vendez en ligne. Prenez votre CA journalier moyen et estimez honnêtement la part perdue : 10 à 30 % pour une journée isolée est un ordre de grandeur raisonnable, bien davantage si l'arrêt se prolonge.
3. Les coûts de la reprise
L'arrêt terminé, il reste à payer la remise en route : les heures d'intervention du prestataire (90 à 150 euros HT de l'heure en dépannage sans contrat), l'éventuel matériel remplacé en urgence, et les heures supplémentaires internes pour rattraper le retard, ressaisir ce qui a été fait sur papier, rappeler les clients.
4. Les coûts invisibles
Plus difficiles à chiffrer, ils existent pourtant : le client important qui a vu votre entreprise à l'arrêt et s'en souviendra à l'appel d'offres suivant, les pénalités de retard contractuelles, et votre propre temps de dirigeant absorbé par la crise au lieu du développement. Comptez-les au moins pour mémoire.
Exemple : une PME de services de 20 personnes
Prenons une société de 20 salariés, 1,4 million d'euros de masse salariale chargée, 2,5 millions d'euros de CA annuel, dont l'activité dépend à 85 % de l'informatique.
- Salaires improductifs : 1 400 000 / 220 x 85 % = 5 400 euros la journée.
- CA perdu sec : CA journalier d'environ 11 400 euros, dont 20 % non rattrapables = 2 300 euros.
- Reprise : une journée de prestataire en urgence et les heures de rattrapage = 1 500 à 2 500 euros.
- Total : entre 9 000 et 10 000 euros pour une seule journée, hors coûts invisibles.
À titre de comparaison, cette même entreprise paierait un contrat d'infogérance complet entre 1 200 et 2 400 euros HT par mois d'après les fourchettes que nous avons publiées. Une seule journée d'arrêt vaut plusieurs mois de prévention. Et les arrêts sérieux, notamment après une cyberattaque, durent rarement une seule journée : les récits de PME paralysées une ou deux semaines n'ont rien d'exceptionnel.
Ce que ce chiffre change concrètement
Une fois votre chiffre posé, trois décisions se prennent presque toutes seules :
- Le niveau de service se dimensionne. Un arrêt à 10 000 euros la journée justifie une supervision qui détecte les pannes avant qu'elles ne bloquent, et un délai d'intervention contractuel court. Un arrêt à 1 500 euros autorise plus de frugalité.
- La sauvegarde change de statut. Le délai de restauration devient un critère chiffrable : entre une restauration en 4 heures et en 3 jours, l'écart se lit directement en euros. Les 12 questions à poser sur vos sauvegardes prennent un autre relief.
- Les redondances se décident sur des faits. Une seconde connexion internet à 40 euros par mois, un onduleur, un serveur de secours : chaque option se compare désormais à ce qu'elle évite.
Faites le calcul cette semaine
Une demi-heure avec votre masse salariale et votre CA suffit pour obtenir votre propre chiffre. Écrivez-le quelque part : c'est lui qui transformera votre prochaine discussion budget informatique, en remplaçant « c'est cher » par « c'est cher par rapport à quoi ? ».
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